De Pierre de Bernis

Dans ses mémoires, le cardinal de Bernis indique – Mon nom de famille est « de Pierre ». ce nom est fort ancien dans la province du Languedoc.
De Pierre de Bernis apparaît dans les archives du Languedoc à partir de l’an mil. En 1175, Bernard Seigneur d’Anduze, lègue au jeune Raymond de Pierre une grande partie de ses terres et parmi ces biens, le château de Bernis. Le nom de Bernis fit alors définitivement partie du patronyme familial.
En 1250 Guillaume, cinquième fils de Raymond Ponce de Pierre de Bernis, reçoit en héritage une maison à Nîmes. Elle constitue les fondements de l’Hôtel de Bernis.
Au cours des siècles qui suivirent, la famille de Pierre de Bernis se divisa par branches dont celle de Nîmes. La branche de Saint-Marcel en Ardèche dont est issu le Cardinal (François-Joachim de Pierre de Bernis) va s’éteindre. Celui-ci se tourne alors vers la branche de Nîmes pour établir une parentée directe. Il souhaite marier son cousin Pons Simon de Pierre à sa nièce Sophie Du Puy Montbrun, à la condition d’un accord Royal.
Le Roi Louis XV donna son accord et les noces furent célébrées le 12 avril 1776.
Ainsi, les Bernis de Nîmes descendent de ce couple doté des biens du Cardinal, qui comprennent également l’hôtel de Bernis. La maison est alors transmise de génération en génération jusqu’à Marie-Thérèse de Pierre de Bernis (1912-1978).
Fille unique de René et de Marie-Charlotte de Chabrol, elle était la dernière de la branche de Nîmes à porter le nom de Bernis. Orpheline à dix sept ans, elle vivait entre Paris et Nîmes, toujours accompagnée de sa tante Paulette (1875-1961), la soeur de son père défunt et qu’elle ne quittera jamais. Comme elle montrait un caractère affirmé, son tuteur Pierre de Chabrol, frère de sa mère, décida de l’émanciper avant l’heure.
C’est lors d’une promenade à cheval au Mas de Fourques à Lunel, chez le peintre Jean Hugo, qu’elle rencontre Jean Godebski qu’elle épouse en 1937.


Le cardinal de Bernis
François Joachim de Pierre de Bernis est né le 22 mai 1715 au château de Saint-Marcel en Vivarais. Comme dans les familles aristocratiques de l’époque, on destine les fils aux carrières militaires ou ecclésiastiques. François Joachim fait des études très brillantes.
D’abord au Collège de Barnabites à Bourg-Saint-Andéol, puis à Paris à Louis Le Grand en 1729 chez les Jésuites.
En 1731, ayant manifesté une vocation religieuse, il entre au séminaire de Saint-Sulpice. Il ne sera Cardinal, puis prêtre que beaucoup plus tard, dans les années 1760.
Il se lance dans le monde et dans les lettres avec un grand succès. À 29 ans il écrit et compose. Il entre très vite à l’Académie française. C’est ainsi qu’il est présenté à Madame d’Étioles dans l’été 1745. Elle est la maîtresse du roi et future Madame de Pompadour.
Une véritable amitié va naître. Elle le mène jusqu’au Roi.
Le roi le nommera ambassadeur à Venise en octobre 1751. Il y resta quatre ans. Alors que ce poste n’était pas de première importance, Bernis s’y fait une grande réputation, tant sur place qu’en Europe et à Paris.
Il est remarqué et apprécié par la qualité des relations qu’il noue et par les informations qu’il transmet. A son retour de Venise, il est toujours l’ami éprouvé de madame de Pompadour.
Au mois d’août 1755, il est nommé par le roi ambassadeur de France en Espagne, mais alors qu’il se prépare à partir, il est chargé par le roi de mener un rapprochement avec l’empire Austro-Hongrois, marquant ainsi un changement radical de la politique étrangère de la France structurée jusque là, autour de l’alliance avec la Prusse.
C’est l’affaire du « renversement des alliances », au début menée dans le plus grande secret. Il en est le maître d’œuvre.
Après bien des difficultés et des intrigues, le traité de Versailles est signé le 1er mai 1756. « Le roi dit-il, n’a jamais été aussi satisfait ».
Bernis est alors responsable d’un grand moment de l’histoire de France.
C’est à la demande du roi qu’il fut aussi ministre des affaires étrangères le 29 juin 1757. Plus tard, Louis XV le nomme archevêque d’Albi en 1764, puis en 1769 comme ambassadeur à Rome où il meurt en 1794.